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MEMRI : La machine néo-conservatrice à fabriquer de la peur de l’islam

In Articles on 6 avril 2016 at 18 h 56 min

Le best-of des médias de l'Orient - Le blog du Memri' - laregledujeu_org_memri
L’Institut de recherche des médias du Moyen-Orient, plus connu par son acronyme anglais MEMRI

A – Une source redondante des médias néoconservateurs déguisés en progressistes

C’est donc en tant que source de ces médias, que le MEMRI sait s’illustrer : Il est ainsi l’une des sources principales de la version électronique de Prochoix, la revue de Caroline Fourest, de Conspiracy Watch, le site de Rudy Reichstadt, et de La Règle du Jeu, la revue fondée par Bernard-Henri Lévy. BHL pousse même le zèle en attribuant une section spéciale à MEMRI sur son site.

B – Une usine à fabriquer la peur envers l’islam

Dans un rapport intitulé « L’usine à fabriquer des peurs : les racines de l’islamophobie », le Center for American Progress, groupe de réflexion américain proche du parti démocrate US, établit que le MEMRI « promeut la propagande islamophobe aux Etats-Unis au travers de choix de traduction sélectifs qui ont pour but de faire valoir que l’Islam est intrinsèquement violent et favorise l’extrémisme ».

Parmi les nombreux points abordés, retenons que Robert Spencer et Daniel Pipes comptent sur le MEMRI pour leur propagande et que le terroriste norvégien Anders Breivik a cité le MEMRI seize fois dans son manifeste. Plus troublant encore, les traductions du documentaire enflammé antimusulman « Obsession : radical Islam’s war against the West » ont été fournies par le MEMRI. Le site du film fait aussi figurer le MEMRI comme source pour la vidéo « Radical Islam and Terrorism Today ».

C – Une vitrine qui n’affiche pas son néo-conservatisme
Siégeant à Washington, le MEMRI a été cofondé en 1998 par Yigal Carmon, un ancien colonel membre du renseignement militaire israélien de 1968 à 1988, et la politologue américaine d’origine israélienne, Meyrav Wurmser, le femme de David Wurmser, ancien conseiller pour le Moyen-Orient du vice-président américain Dick Cheney.
Officiellement, le MEMRI se présente comme « chargé d’apporter des informations au débat sur la politique américaine au Proche-Orient. Il a des bureaux à Berlin, Londres et Jérusalem. Il fournit des traductions en anglais, allemand, espagnol, français, hébreu, italien, russe et turc, de textes écrits en arabe, persan, turc, ourdou, pachtoune et dari ».

Le « MEMRI TV Monitor Project » se donne pour mission de surveiller les principales chaînes de télévision arabes et iraniennes. Sous couvert de renseignement, cette officine de surveillance est manifestement au service d’intérêts américains et israéliens tournés contre les musulmans.

D – Un financement par les leaders du néo conservatisme
Voici les sources de financement du MEMRI:
  • La Fondation Randolph qui finance également le Council on Foreign Relations
  • La Bradley Foundation qui fut le pourvoyeur de fonds pour le Projet pour un Nouveau Siècle Américain (PNAC), le cercle de réflexion néoconservateur réunissait en son sein Dick Cheney, Donald Rumsfeld, Richard Perle, et Paul Wolfowitz, qui appartenaient tous à l’administration de Georges Bush.
  • Le Département d’État des États-Unis qui a accordé en août 2011 une subvention de 200 000 dollars au MEMRI.
E – Des acteurs décisionnels de la gouvernance W.Bush
  • Donald Rumsfeld, le secrétaire à la défense de George W. Bush (Plainte pour « torture » déposée contre Donald Rumsfeld)
  • Oliver « Buck » Revell, Président du groupe Revell, ancien directeur adjoint du FBI.
  • Elliott Abrams : conseiller du président George W. Bush.
  • Steve Emerson : journaliste, auteur de « Les terroristes parmi nous: Jihad en Amérique » directeur du Projet d’Investigation sur le Terrorisme (IPT).
  • John Ashcroft, ancien procureur général américain lors du 1er mandat du président George W. Bush.
  • Jeffrey Kaufman : avocat spécialisé en propriété intellectuelle.
  • Robert Reilly : ancien conseiller principal au Département de la Défense.
F – Des conseillers tout aussi néoconservateurs:
  • Bernard Lewis, conseiller de Benjamin Netanyahu alors ambassadeur d’Israël à l’ONU (1984-88).
  • Michael V. Hayden, général, ancien directeur de la National Security Agency et directeur de la Central Intelligence Agency.
  • Bernard Lewis, conseiller de Benyamin Netanyahou alors ambassadeur d’Israël à l’ONU (1984-88).
  • Michael V. Hayden, général, ancien directeur de la National Security Agency et directeur de la Central Intelligence Agency.
  • Jose Maria Aznar, ancien Premier ministre espagnol
  • Stephen J. Trachtenberg, président de l’Université George Washington, choisi par George W. Bush pour l’accompagner à Jérusalem pour la célébration du 60e anniversaire de l’Etat d’Israël en mai 2008.
  • James Woolsey, ancien directeur de la CIA et sous-secrétaire de la Marine.
  • John Bolton, ancien ambassadeur américain aux Nations Unies, signataire du projet néoconservateur Project for the New American Century.
  • Jeffrey Kaufman : avocat spécialisé en propriété intellectuelle.
  • Ehud Barak, ancien Premier ministre d’Israël.
  • Irwin Cotler, ancien ministre de la Justice et procureur général du Canada.
  • Mort Zuckerman, président et rédacteur en chef, US Nouvelles & World Report et magnat de la presse.
  • Chin Ho Lee, ancien agent spécial du FBI.
  • Michael Mukasey, ancien procureur général dans le gouvernement de Georges Walker Bush.
  • Norman Podhoretz, Ancien rédacteur en chef de Commentary Magazine, une revue néoconservatrice historique.
  • William Bennett, ancien secrétaire de l’éducation, membre du PNAC.
  • Christopher DeMuth, un ex de l’administration Reagan.
  • Paul Bremer, nommé le 6 mai 2003 directeur de la reconstruction et de l’assistance humanitaire en Irak, après l’invasion de ce pays par les États-Unis.
  • Peter Hoekstra, politicien américain du parti républicain et ancien membre 9 terme de la Chambre des représentants du Michigan
  • Jack Kemp, un démocrate qui apporta son soutien au candidat George W. Bush.
  • Jeane Kirkpatrick, membre d’abord du Parti démocrate puis du Parti républicain sous Reagan en 2001 elle a rejoint le courant néoconservateur.
  • Irving Kristol, ancien rédacteur en chef du magazine Commentary, Kristol et l’un des fondateurs du néo-conservatisme américain.
  • Elie Wiesel, qui fut déporté avec sa famille par les nazis à Auschwitz-Birkenau, puis Buchenwald. Cependant Norman Finkelstein, dans son ouvrage The Holocaust Industry, considère que Wiesel instrumentalise la Shoah dans le but de soutenir la politique israélienne (Finkelstein est fils de juifs survivants du ghetto de Varsovie)

G – Une ligne éditoriale édifiante
A la vue d’un tel casting, on comprend le rédacteur en chef du Guardian pour le Moyen-Orient, Brian Whitaker, quand il affirme que « le MEMRI est une officine de propagande néoconservatrice et ultra-sioniste », ou encore Ibrahim Hooper, le directeur du Conseil des relations américano-islamiques, quand il déclare dans le Washington Times que «l’intention du MEMRI est de trouver les pires citations du monde musulman et de les diffuser aussi largement que possible ».
Vincent Cannistraro, un ancien de la CIA, accuse le MEMRI d’être sélectif et de diffuser une propagande au service du Likoud. Le MEMRI fait œuvre d’une « distorsion pure et simple » pour Ken Livingstone, l’ancien maire travailliste de Londres. William Rugh, qui fut l’ambassadeur des États-Unis au Yémen et aux Émirats arabes unis, retient que le MEMRI ne présente pas le point de vue arabe, que les propriétaires du MEMRI sont des pro-israéliens et anti-arabes qui veulent montrer que les arabes haïssent les juifs et l’Occident, qu’ils incitent à la violence et refusent toute solution pacifiste au problème palestinien.
Quant à Lalila Lalami, journaliste à The Nation, elle écrit que le MEMRI «sélectionne de façon constante les déchets les plus violents et les plus haineux qu’il peut trouver, les traduit et les distribue aux médias et aux parlementaires US dans sa newsletter». En 2012, le quotidien israélien Haaretz écrivait que les agences de renseignement israéliennes avaient réduit leur surveillance des médias palestiniens grâce au MEMRI et à Palestinian Media Watch, une autre machine de désinformation très à droite créée par un colon israélien, Itamar Marcus, qui fut épinglée par CounterPunch.
Dès lors, ces liens étroits entre les néoconservateurs français que sont Caroline Fourest, Rudy Reichstadt ou encore Bernard-Henri Lévy, et le MEMRI, cette officine d’idéologues extrémistes, doivent être rappelés à tous afin que l’on sache quelle idéologie gouverne ces éditocrates français qui s’érigent en policiers de la pensée, et ne manquent pas une occasion pour diffuser leur haine de l’islam tout en claironnant qu’ils veulent protéger les musulmans.

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